Par Jacques Berset Le

Dans Un synode brûlant

Un demi-million de personnes, dont l’archevêque de Vaduz Wolfgang Haas, ont signé et adressé à la mi-août 2015 une «Filiale Supplique à sa sainteté le pape François sur l’avenir de la famille». Cette pétition sur les médias électroniques milite contre l’accès à la communion pour les divorcés-remariés.

La pétition sur Internet émane de milieux catholiques conservateurs. Lancée en vue du Synode sur la famille d’octobre 2015, elle refuse fermement l’accès de la communion aux divorcés remariés et rejette les unions homosexuelles.

La missive demande au pape « de réaffirmer de façon catégorique l’enseignement de l’Eglise sur le mariage selon lequel les catholiques divorcés et civilement remariés ne peuvent recevoir la sainte communion et que les unions homosexuelles sont contraires à la loi divine et naturelle ».

Le cardinal américain Raymond Léo Burke (flickr/pbr-photos/CC BY-NC-ND 2.0)
Le cardinal américain Raymond Léo Burke, signataire de la pétition. (flickr/pbr-photos/CC BY-NC-ND 2.0)

Cardinaux et experts

Parmi les signataires de la supplique figurent les cardinaux Raymond Leo Burke des Etats-Unis, Jorge Arturo Medina Estévez du Chili, Janis Pujats de Lettonie et Alexandre José Maria dos Santos du Mozambique. Une bonne septantaine d’évêques, dont Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz, ainsi que d’autres prélats latino-américains, d’Europe de l’Est et d’Afrique se sont joints à cette «supplique» adressée au pape.

Dissiper les ténèbres qui se projettent sur l’avenir de nos enfants.

Figurent également sur la longue liste le professeur Luke Gormally, de l’Académie Pontificale pour la vie, et l’exilé cubain Armando Valladares, ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de la Commission pour les droits de l’homme de l’ONU.

Pour « une parole clarificatrice »

Les pétitionnaires, dont des professeurs, des aristocrates et des politiciens catholiques, et une bonne trentaine d’associations de défense de la vie et de la famille, attendent du pape « une parole clarificatrice » contre la « désorientation généralisée qui serait provoquée par l’ouverture éventuelle, au sein de l’Eglise, d’une brèche telle qu’elle permettrait l’adultère – comme résultat de l’accès à l’eucharistie de couples divorcés et remariés civilement – et même une acceptation virtuelle des unions homosexuelles ». Les signataires affirment que ces pratiques « sont condamnées de manière catégorique par l’Eglise comme étant contraires à la loi divine et à la loi naturelle ».

« Nos appréhensions viennent de ce que nous assistons depuis plusieurs dizaines d’années à une révolution sexuelle qui mine progressivement l’existence même de la famille comme cellule de base de la société, sous l’effet d’une alliance entre de puissantes organisations et des forces politiques et médiatiques », écrivent-ils dans leur missive.

La faute à mai 68

« Depuis la Révolution de 1968, une évolution graduelle et systématique de mœurs opposées à la loi naturelle et divine nous est infligée de force et se révèle si impitoyable qu’on en vient, par exemple, à enseigner en de nombreux établissements scolaires l’aberrante ‘idéologie du genre’, et ce dès l’enfance », poursuivent-ils.

Face à cette situation, les signataires estiment que seule « la parole éclairante » du pape François « sera capable de faire refluer la confusion grandissant parmi les fidèles. Elle empêcherait que l’enseignement de Jésus-Christ lui-même soit relativisé et dissiperait les ténèbres qui se projettent sur l’avenir de nos enfants ».