Par i.media Le

Dans Un synode brûlant

Trois mois avant le synode de 2015, le cardinal allemand Walter Kasper proposait « un chemin pénitentiel ». Un voie qui ouvrirait l’accès à la communion aux divorcés remariés.

Dans un long article paru le 7 juillet 2015 dans la revue jésuite allemande “Stimmen der Zeit”, le cardinal demande un “renouvellement de la pratique pénitentielle” dans l’Eglise. Dans cet exposé très documenté, il revient ainsi sur une idée déjà défendue au cours du synode d’octobre 2014: l’accès des personnes divorcées remariées à la communion sacramentelle, par la voie d’un “chemin pénitentiel”, comme pratiqué dans l’Eglise des premiers chrétiens.

“Il ne s’agit pas d’une nouvelle invention”

“Il ne s’agit pas d’une nouvelle invention, justifie le haut prélat allemand, mais cela se situe (…) dans la même ligne que la compréhension du mariage de saint Thomas d’Aquin et avec la tradition dont il se réclame, en particulier du Concile de Trente”.

“Avec la via paenitentialis, poursuit-il, il ne s’agit pas d’imposer de lourdes peines, mais du processus, douloureux et toutefois salutaire, de la clarification et de la nouvelle orientation après la catastrophe de la séparation, qui est accompagnée par un expert confesseur”.

“Ce processus, continue le cardinal, doit conduire l’intéressé à un jugement honnête de sa propre situation, pendant lequel le confesseur mûrit un jugement spirituel”.

La solution de la communion spirituelle est une fausse bonne idée

“Il ne s’agit pas d’une pseudo miséricorde à bon marché”, justifie encore le cardinal Kasper. “Celui qui, obstinément, c’est-à-dire sans volonté de conversion, persévère dans le péché grave ne peut recevoir l’absolution et être admis à la communion”.

“On ne peut parler de situation objective de péché sans considérer aussi la situation du pécheur dans sa dignité personnelle singulière, insiste encore le cardinal. Pour cette raison, il ne peut y avoir aucune solution générale du problème, mais des solutions singulières”.

La solution de la “communion spirituelle”, défendue par d’autres prélats, est une fausse bonne idée pour le haut prélat allemand, qui souligne sa “terminologie équivoque”. Dans cet article, le cardinal Kasper suggère plutôt d’étendre la “pratique pénitentielle” au-delà du seul cas des divorcés remariés. “Un tel renouvellement de la pratique pénitentielle de l’Eglise, au-delà du domaine des divorcés remariés, écrit-il, pourrait avoir l’effet d’un signal pour le renouvellement nécessaire de la pratique pénitentielle, qui est au plus bas dans l’Eglise d’aujourd’hui de façon déplorable”.

Le cardinal Kasper avait déjà exposé les conditions d’un possible accès à la communion pour les couples divorcés remariés en février dernier, devant les cardinaux réunis en consistoire. En réponse à ceux qui ont affirmé par la suite qu’il parlait alors au nom du pape, le cardinal Kasper a rectifié le tir début juin. “Le pape François voulait seulement que je présente la question (du chemin pénitentiel, ndlr)”, mais je ne dirais pas qu’il a approuvé la proposition, non”, a-t-il ainsi expliqué au magazine catholique britannique “Catholic Herald”.