Par Jacques Berset Le

Dans Le synode en direct

En ouvrant les travaux du Synode des évêques sur la famille au Vatican, le 5 octobre 2015, le pape François a invité les participants au courage apostolique et à l’humilité évangélique. Il a rappelé que le synode n’était pas un parlement visant un consensus, mais un cheminement sous la conduite de l’Esprit-Saint dans la fidélité au magistère et pour le bien de l’Eglise.

Devant les quelque 350 participants au synode – cardinaux, patriarches orientaux, évêques, prêtres, religieux et laïcs du monde entier -, le pape François a ainsi précisé dans quel esprit devaient se tenir ces trois semaines de travail. « Le synode, a-t-il expliqué en substance, est un espace protégé où l’Eglise fait l’expérience de l’action de l’Esprit Saint ».

La fidélité au magistère

« Le synode n’est pas un parlement où, pour rejoindre un consensus ou un accord commun, on a recours aux négociations, aux pactes ou aux compromis », a soutenu le pape avant d’assurer que « l’unique méthode du synode est de s’ouvrir à l’Esprit-Saint avec courage apostolique, humilité évangélique et prière confiante, afin que cela soit lui qui nous guide, qui nous illumine et nous mette devant les yeux non nos avis personnels, mais la foi en Dieu, la fidélité au magistère, le bien de l’Eglise et le ‘salus animarum’ (le salut des âmes) ».

« Je voudrais rappeler que le synode n’est pas un congrès ou un parloir, ce n’est pas un parlement ou un sénat où l’on se met d’accord », a encore expliqué le pape, précisant que cette assemblée est « en revanche une expression ecclésiale: c’est l’Eglise qui marche, unie, pour lire la réalité avec les yeux de la foi et avec le cœur de Dieu ».

Un musée de souvenirs

Debout face aux prélats remplissant les rangs de la salle du synode, le pape a encore souhaité « un courage apostolique qui ne se laisse pas apeurer par les séductions du monde qui tendent à éteindre dans le cœur des hommes la lumière de la vérité en la remplaçant par de petites lueurs temporaires ». Ce courage ne doit pas non plus céder, a-t-il soutenu, « face à certains cœurs de pierre qui – en dépit de bonnes intentions – éloignent les personnes de Dieu », ni « faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs ».

Et le pape d’insister: « sans écouter Dieu, toutes nos paroles seront seulement des paroles qui ne rassasient pas et ne servent à rien; sans se laisser guider par l’Esprit, toutes nos décisions seront seulement des décorations qui, au lieu d’exalter l’Evangile, le recouvrent et le cachent ».

Micros et caméras

Le pape François a pris la parole après un temps de prière et d’invocation de l’Esprit-Saint, et après quelques mots d’introduction de l’un des quatre présidents délégués, le cardinal André Vingt-Trois.

L’archevêque de Paris, lui aussi, a précisé devant le pape l’esprit dans lequel s’ouvrait ce synode: « Sans mettre en doute la tradition sacramentelle de notre Eglise, ni sa doctrine sur l’indissolubilité du mariage, vous nous invitez à partager nos expériences pastorales et à mieux mettre en œuvre les chemins de la miséricorde par lesquels le Seigneur invite tous ceux qui le souhaitent, et qui le peuvent, à entrer dans une démarche de conversion en vue du pardon ».

« Malgré nos différences, nous ne voulons pas vivre ce temps comme une épreuve de force dont les micros et les caméras seraient les arbitres », a aussi prévenu l’archevêque de Paris mais plutôt « comme un temps de conversion commune dans la force de la communion dont vous êtes, très Saint-Père, le gardien et le serviteur ». (apic/imedia/ami/be)